Les idées reçues sur l’entrepreneuriat féminin

PIONNIERES 2015-050vHE

Tordre le cou aux idées reçues sur l’entrepreneuriat féminin, tel était l’objectif de la conférence plénière très connectée de la 4e édition de Pionnières Day, organisé en partenariat avec la Caisse d’Epargne. « Il est important de combattre les stéréotypes sur l’entrepreneuriat féminin, a rappelé à cette occasion Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes. Si toutes les femmes qui le souhaitent créaient leur entreprise, cela ferait 5 millions d’entreprises en plus en France ! »

Les femmes seraient moins attirées par l’entrepreneuriat

Sylvain Bureau, directeur de la chaire entrepreneuriat à l’ESCP Europe et maître de conférence à l’Ecole Polytechnique : « On a longtemps associé l’entrepreneuriat à des qualités traditionnellement attribuées aux hommes. Cette différence entre hommes et femmes est une construction sociale contre laquelle il est important de lutter. »
En 2013, 28 % des femmes1 déclaraient vouloir créer leur entreprise, soit presque autant que les hommes (32 %). Pourtant, force est de constater que moins d’un tiers des créateurs d’entreprise sont des créatrices !

Les femmes se sentiraient moins capables d’entreprendre

@Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique : « Derrière chaque label de la French Tech, il y a une femme qui a participé au dossier, mais elles ont tendance à se mettre en retrait. »

Les acteurs de la création d’entreprise sont unanimes : les femmes sont aussi compétentes que les hommes. Cependant, elles peuvent avoir tendance à se mettre certains freins ou à se sous-estimer.

@Florent Lamoureux, directeur du marché des professionnels de la Caisse d’Epargne : « Les femmes ont davantage peur d’échouer que les hommes. Pourtant il existe des outils pour sécuriser leur projet. Par exemple, le Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF) qui garantit jusqu’à 27 000 euros lors d’un prêt, un montant qui passera à 45 000 euros en septembre 20152. »

Les femmes créeraient leur entreprise plutôt dans le domaine des services

@Fanny Letier, directrice exécutive chez BpiFrance : « Si l’on regarde les études que nous menons dans le cadre de notre think tank, 60 % des entrepreneures ont créé dans le secteur des services. Cependant, c’est moins par goût que parce que ce domaine a le vent en poupe, il concerne en effet une création sur deux. »

Les femmes dirigeraient plutôt des petites entreprises

@Dominique Carlac’h, fondatrice et directrice générale de D&Consultants : « La réussite d’une entreprise ne se mesure pas seulement à son chiffre d’affaires ou à son nombre de salariés. Il faut avoir comme ambition la pérennité de l’emploi et la rentabilité de la société. L’important n’est pas de briller mais de durer. »

Et les chiffres le prouvent. Les affaires créées par des femmes sont aussi pérennes que celles des hommes. Elles connaissent un taux de survie à cinq ans de l’ordre de 52 % pour la génération des entreprises créées en 2006 (Insee).

Les femmes ont plus de difficultés à trouver des financements

@Lara Pawlicz, CEO de 2Spark : « Je n’ai pas ressenti le fait d’être une femme comme un inconvénient pour financer mon projet. Nous avons, mes associés et moi, réussi deux levées de fonds, dont la seconde d’un million d’euros. Par contre, il faudrait que les entrepreneures soient plus visibles pour encourager d’autres femmes à se lancer et ainsi éteindre cette question du genre. »

@Philippe Hayat, cofondateur de Serena Capital et fondateur de 100 000 entrepreneurs : « Aujourd’hui, parmi les porteurs de projet qui nous sollicitent, seule une sur dix est une femme. Avec l’association 100 000 entrepreneurs nous essayons donc de faire intervenir un maximum de femmes entrepreneures dans les établissements scolaires pour inciter les jeunes à entreprendre. »

 

1. Source : institut Think

2. Une annonce attendue faite par Pascale Boistard lors de son intervention à Pionnières Day.

 

© J. Chiscano

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