La mixité dans les secteurs d’activité : mythe ou réalité ?

Forum-Femmes-Osez-entreprendre

Telle était la question posée lors du Forum « Femmes, osez TOUT entreprendre » organisé par le réseau d’accompagnement Action’Elles, le 4 novembre 2014 au Conseil Régional d’Ile-de-France. Pour y répondre, entrepreneures et expert(e)s étaient réunis autour de tables rondes, parmi lesquels, Laurence Piganeau – responsable éditoriale du site Internet de l’APCE –, Viviane de Beaufort – co-responsable du Club ESSEC WOMEN ALUMNI –, Béatrice Viannay Galvani – déléguée générale de l’association 100 000 entrepreneurs – et Florent Lamoureux, directeur du marché des professionnels de la Caisse d’Epargne, partenaire de l’événement.

Un constat sans appel : l’entrepreneuriat au féminin est sectorisé

Parmi les 32 % de femmes entrepreneures, la majorité crée dans le secteur de la santé et celui des services en direction de la personne. « Dirigeantes de centres de remise en forme, diététiciennes, coiffeuses, esthéticiennes ou encore directrices d’agences matrimoniales, les femmes boudent en effet les secteurs dits masculins, comme le secteur de la construction, de l’automobile ou encore du transport : elles sont respectivement 6 %, 10 % et 17 % à se lancer dans ces domaines », détaille Laurence Piganeau.

Pourquoi tant de différences ? « Il n’y a aucune raison spécifique pour expliquer que les femmes préfèrent entreprendre dans tels secteurs versus tels autres, précise Viviane de Beaufort. Selon moi, la justification est surtout historique : traditionnellement, certains domaines d’activité étaient réservés aux femmes quand d’autres étaient la chasse gardée des hommes. » Et Florent Lamoureux d’ajouter : « Outre l’absence regrettable de mixité, le choix du secteur d’activité influe sur le chiffre d’affaires de l’entrepreneur(e). Ainsi, les professionnels qui créent dans le domaine des services, par exemple, n’ont pas les mêmes besoins en capitaux que ceux qui entreprennent dans des secteurs plus pointus comme l’industrie. Les projets financiers sont donc moins ambitieux et in fine, moins générateurs de chiffre d’affaires. »

La Génération Y pour rétablir l’équilibre ?

« La génération des jeunes nés entre le début des années 80 et le début des années 2000 est pleine d’avenir, poursuit Viviane de Beaufort. Pour eux, l’entrepreneuriat est un projet qui fait sens. Autonomes, ils n’ont pas peur de se lancer – pour la plupart, seulement deux à trois ans après la fin de leurs études. Contrairement à leurs aînés, qui ont pu laisser passer certaines opportunités par crainte d’échouer, eux ont compris que pour réussir il fallait oser ! Riches des expériences professionnelles de leurs parents, pragmatiques, ils ont identifié les points forts et les écueils à éviter, mais surtout les leviers d’actions à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés » Décomplexée, cette génération Y se donne les moyens de ses ambitions et semble donc naturellement prête à entreprendre dans tous les secteurs d’activité, pourvu que la réussite soit au bout du chemin. Un point de vue partagé par Béatrice Viannay Galvani, dont l’association qu’elle représente, a fait des jeunes et de l’entrepreneuriat son cheval de bataille : « La vocation de l’association 100 000 entrepreneurs est de sensibiliser les collégiens et lycéens – des profils plus jeunes encore que la génération Y donc – à l’entrepreneuriat. Comment les aider à prendre conscience qu’entreprendre est une source d’opportunités et d’épanouissement ? Et surtout, comment faire briller dans leurs yeux la petite étincelle ? Pour cela, nous faisons appel à un entrepreneur installé afin qu’il ou elle raconte son histoire aux élèves de 3ème et au-delà. Rien de tel qu’un partage d’expériences réussies pour susciter des vocations ! »

Si la mixité dans les secteurs d’activité semble encore un mythe à l’heure actuelle, la génération Y – et celle qui suit – vont vraisemblablement inverser la tendance. Et qui sait, bientôt, être plombier quand on est une femme ne sera peut-être plus l’exception mais la règle…

 

A lire également : 

Plombière, carreleuse… portrait de 3 femmes dans le BTP (prochainement)
3e Baromètre des femmes entrepreneures : le rôle clé de l’accompagnement

A visionner, La génération Y et l’entreprise 

Abonnez-vous à la newsletter pour retrouver dans votre boite mail les prochains articles
S’abonner