Le rebond d’un Chef d’entreprise après la liquidation judiciaire d’une entreprise qu’il a dirigée – Savoir rebondir après un échec #3

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Pour un chef d’entreprise, subir un échec n’est pas nécessairement fatal. La suppression de l’indicateur « 040 » de la Banque de France est l’une des mesures qui favorisent le rebond après une liquidation judiciaire. 

Par Agnès Bricard*

L’échec d’un chef d’entreprise ne doit pas se traduire par un renoncement. D’abord parce qu’il est toujours nécessaire d’espérer et ensuite parce que ce revers doit constituer une force pour rebâtir une nouvelle aventure entreprenariale en tirant les enseignements nécessaires. Le chef d’entreprise a aussi besoin de reconstruire son image à l’égard tout particulièrement de sa famille et de ses proches. Sinon, c’est la porte ouverte à la spirale des trois « D » : Dépôt de bilan, Divorce, Dépression.

Il faut rappeler également que le coût pour un créateur est très souvent plus élevé (délai de prise de connaissance de l’organisation d’une entreprise, de la filière….) que pour un chef d’entreprise qui rebondit en disposant de compétences acquises.

Comme les Anglo-Saxons qui favorisent les initiatives de rebond des entrepreneurs avec de vraies réussites, nos pouvoirs publics ont accepté d’encourager le rebond en supprimant l’indicateur « 040 » du dirigeant d’une société en liquidation judiciaire qui le privait jusqu’alors pendant trois ans de tout financement bancaire professionnel (décret n° 2013-799,  2 septembre 2013 ; JO du 4 /09/2013).

Ainsi, depuis début septembre 2013, les 140 000 dirigeants d’entreprises qui ont enregistré une seule procédure de liquidation judiciaire au cours des trois dernières années ne seront plus fichés sous l’indicateur « 040 » dans le fichier FIBEN de la Banque de France qui les empêchait d’accéder au crédit bancaire.

La cotation du fichier FIBEN concerne toutes les personnes qui exercent une fonction de dirigeant (représentant légal) de personnes morales ou qui ont la qualité d’entrepreneur individuel. Elle est utilisée principalement par les banques et les assureurs crédit. Elle peut avoir pour conséquence de rendre très difficile l’accès au crédit bancaire pendant la période réglementaire de trois ans d’inscription au fichier pour les entrepreneurs souhaitant recréer une entreprise après un premier échec.

Cette mesure avait été annoncée par le président de la République lors de la clôture des Assises de l’entrepreneuriat à l’Elysée. Elle donne une « seconde chance » aux dirigeants d’entreprise rencontrant une seule situation de liquidation judiciaire.

* Agnès Bricard, expert-comptable, est présidente du cabinet d’expertise-comptable Bricard, Lacroix & Associés, fondatrice et présidente de la Fédération des Femmes Administrateurs et présidente d’honneur du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables.

 

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