Le choix du statut – Un an avec LuckyLoc

Après la rencontre et la définition du projet, place au deuxième volet de la saga entrepreneuriale LuckyLoc. Horizon Entrepreneurs s’intéresse à présent au choix que doivent faire tous les créateurs au démarrage de leur activité : choisir un statut adapté à leur projet. Une décision majeure que Claire Cano et Idris Hassim ont mûrie à deux. Leur choix s’est porté sur la SAS : quels critères ont-ils pris en compte ? Quels conseils retirent-ils de l’expérience ? Confidences.

Pourquoi avoir créé LuckyLoc.com en SAS ?

N’exerçant pas dans le cadre d’une activité réglementée, nous n’avions pas une forme de société imposée. Cependant, nous avons appris, dans le cadre de notre formation HEC Entrepreneurs, que la SAS est la structure la plus flexible et la plus adaptée à notre projet de création sur Internet. Cette forme juridique laisse en effet une grande liberté dans les rédactions des statuts et impose moins de contrainte de capital qu’une SA, par exemple. Ainsi, le capital de départ minimum exigé pour notre projet était de 35 000 euros pour une SA contre 1 euro minimum pour une création en SAS. Une somme beaucoup plus dans nos moyens et dans l’esprit LuckyLoc !

En tant que co-fondateur de LuckyLoc, vous êtes associés à parts égales ?

Suivant le conseil de Paris Pionnières, nous nous sommes associés à 51/49. D’après l’incubateur, apparaître comme Directeur Général et Président est moins risqué : être associés à 50/50 peut laisser penser qu’il n’y a pas de « chef » et du coup effrayer certains investisseurs. Si nous avons appliqué ce conseil en pratique, ces conditions d’association n’influent en rien notre gestion de LuckyLoc au quotidien : nous dirigeons tout à deux et cela fonctionne plutôt bien ! Néanmoins, pour être tout à fait tranquilles, nous avons rédigé un pacte d’actionnaires très complet qui régit de façon précise les relations entre les associés et prévoit notamment les clauses de sortie, les conditions de gestion, etc. Il est indispensable d’imaginer toutes les évolutions possibles pour la société, mais aussi ses dirigeants. On ne sait pas de quoi demain sera fait…

Quels sont les critères à prendre en compte ?

Les besoins financiers liés au projet, les revenus ou encore la protection sociale sont en temps ordinaire autant de points à étudier en amont du choix du statut. Mais dans notre cas, les choses ont été beaucoup plus simples. Nous étions étudiants lorsque nous nous sommes lancés, donc la question des revenus ne s’est pas posée. Pour ce qui est de la protection sociale, le statut de SAS nous permet de bénéficier du régime de salariés, bien qu’aujourd’hui, nous ne percevions pas encore de salaire. En attendant, nous sommes couverts jusqu’en août par la protection étudiante. Souhaitons que nous puissions nous rémunérer d’ici cette échéance… Finalement, les seuls critères retenus ont été : les besoins en capitaux pour créer et développer notre site Internet — nous avons donc investi 30 000 euros à deux, soit 15 000 euros chacun, empruntés soit à la banque, soit à la famille proche – et la possibilité, à terme, de réaliser des levées de fonds ou encore de faire entrer de nouveaux investisseurs au capital de manière assez simple et rapide.

 

Vos conseils aux entrepreneurs qui démarrent cette réflexion essentielle pour la suite de leur activité ?

Plusieurs choses : d’abord la répartition du capital. Pour s’associer à parts égales, il faut être sûr que les deux personnes vont investir le même temps et la même énergie dans le projet. Ensuite, ne pas croire que pour réussir il faut forcément entreprendre seul. Créer une entreprise à plusieurs est un choix stratégique qui peut renforcer votre crédibilité vis-à-vis des investisseurs et permettre un développement de l’entreprise beaucoup plus rapide grâce aux fonds cumulés. Enfin, nous conseillons aux porteurs de projet, qui souhaiteraient se lancer à deux ou à plusieurs, de ne pas s‘associer avec un ou des amis car pour le bon équilibre du projet, il ne faut pas avoir peur de dire les choses quand ça va, mais surtout quand ça ne va pas ! Une honnêteté professionnelle qui ne fait pas toujours bon ménage avec l’amitié…

 

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