Avec MyAnnona, le crowdfunding soutient l’entrepreneuriat au féminin

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MyAnnona, c’est la première plateforme de crowdfunding – financement participatif –dédiée aux femmes entrepreneures. L’idée : booster la création d’entreprise ou les projets d’entreprises comptant au moins une femme dans l’équipe dirigeante.

Beryl Bès, la créatrice de MyAnnona, nous raconte son aventure d’entrepreneure « au féminin » et donne aux femmes entrepreneures ses conseils pour réussir leur campagne de financement participatif.

Beryl Bès, parlez-nous de votre expérience de « femme » entrepreneure et dites-nous pourquoi vous avez décidé de lancer une plateforme de crowdfunding.

Ma création d’entreprise est le résultat d’un parcours de vie. J’ai travaillé comme chargée d’affaires entreprises dans la banque ; puis, début 2009, pour donner plus de sens à ma vie professionnelle, j’ai créé mon cabinet de courtage (financement, crédit, portefeuille d’assurances) à destination des entreprises.

Mon expérience personnelle d’entrepreneure et de conseil aux entreprises m’a permis de comprendre que, pour qu’un projet entrepreneurial réussisse, il fallait savoir réseauter ; très vite, j’ai constaté que, en tant que femme, je trouvais mieux ma place au sein de réseaux féminins. Ce fut même une révélation ! J’ai donc collaboré avec des réseaux féminins en tant que bénévole, pour travailler sur ces sujets qui touchent toutes les femmes entrepreneures : la mixité, l’équilibre entre vie privée et vie personnelle, etc.

Le crowdfunding fut une deuxième révélation ! En mai 2014, à la faveur de la Journée du crowdfunding, j’ai compris que cela correspondait à mes aspirations et mes compétences : via le crowdfunding, on peut « donner du sens » à son argent et être porteur de valeur. Si on ajoute à ça ma double casquette d’entrepreneure et de spécialiste de la finance d’entreprise, le domaine me correspondait parfaitement. Mon projet a été lancé en octobre 2014 et la plateforme MyAnnona début 2015.

Combien de demandes de projets avez-vous reçues ? Combien ont abouti et pourquoi ?

MyAnnona a reçu 180 dossiers. Nous les avons tous examinés mais n’en avons gardé que 11 ; 70 % ont abouti. Les montants financiers demandés sont assez bas, mais c’est conforme au marché du crowdfunding.

Pour valider les projets, nous avons créé un questionnaire avec un pitch. Ensuite, MyAnnona fait une préconisation. Si le projet est mature, il est mis en ligne, sinon nous renvoyons les entrepreneures vers des réseaux d’accompagnement et leur suggérons des points d’amélioration. Nous considérons que l’objectif est atteint quand le seuil minimum du projet est validé : celui où la porteuse de projet peut livrer les contreparties promises en échange du financement participatif par exemple.

Pourquoi promouvoir l’entrepreneuriat au féminin par le crowdfunding ? Quels sont les écueils auxquels sont confrontées les femmes entrepreneures ?

Pour la même raison que je me suis rapprochée des réseaux d’accompagnement féminin : ce fut une évidence pour moi et cela correspondait à un besoin ! Pourquoi créer une plateforme de crowdfunding généraliste alors que cela existait déjà ? Et les femmes ont besoin de soutiens spécifiques : elles doivent se libérer des stéréotypes masculins, trouver une meilleure harmonie. Je souhaitais réellement apporter ma pierre à l’édifice et soutenir l’entrepreneuriat au féminin.

My Annona souhaite d’ailleurs s’adresser à des « grands comptes », des femmes qui ont des projets d’entreprise ambitieux ou cherchent de la visibilité.

Selon moi, les femmes doivent travailler leur ambition et leur intelligence financière. Elles sont très fortes pour protéger leur foyer, dont elles gèrent 80 % des dépenses, mais quand elles doivent « se » protéger en tant qu’individu, c’est beaucoup plus complexe. Elles doivent donc gagner en confiance.

J’ai constaté que les femmes entrepreneures devaient se concentrer sur deux aspects pour mieux réussir :

1) travailler la cohérence entre soi et son projet. Il y a souvent trop de décalage entre ce qu’elles sont et ce qu’elles veulent faire. Le résultat est qu’elles portent mal leur projet. Elles doivent progresser dans la prise de confiance, s’interroger sur le développement du projet, la place qu’elles peuvent prendre, etc. ;

2) s’entourer d’une équipe en fonction de ses compétences et des valeurs que l’on porte. Le mieux étant une équipe de proximité. Ainsi, je connais la finance mais pas la communication : je me suis donc entourée de personnes pouvant m’aider dans ce domaine…

A suivre, le second volet de notre entretien avec Beryl Bès et pour en apprendre davantage sur les conditions d’une campagne de crowdfunding réussie. 

 Voir aussi cette interview sur l’articulation entre Banque et crowdfunding.

 

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