Trois conseils d’expert-comptable pour convaincre votre banquier

SALON 2015-0033

Dans un processus de création ou de reprise d’entreprise, la rencontre avec le banquier est un moment clé pour le financement de votre future affaire. Bien préparé, cet entretien peut marquer le début d’un partenariat fructueux. Directrice scientifique du Guide du Routard du financement d’entreprise – élaboré en partenariat avec la Caisse d’Epargne – et présidente d’honneur du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables, Agnès Bricard vous confie trois conseils pour démontrer à votre banquier la solidité de votre projet.

1) Bien connaître son secteur d’activité

« Vous devez être imbattable sur votre secteur d’activité devant un financeur, rappelle Agnès Bricard. Vos outils ? Les études de l’Agence France Entrepreneur, les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) mais aussi les réseaux professionnels comme les chambres syndicales ou encore les fournisseurs. »

Découvrir aussi Diag Entrepreneur pour connaître les caractéristiques de son marché ou de ses concurrents.

2) Savoir combien rapporte un salarié dans son secteur d’activité

« C’est un indicateur précieux pour construire son business plan, précise Agnès Bricard. Pourtant, peu d’entrepreneurs pensent à calculer combien rapporte un salarié dans son secteur d’activité (chiffre d’affaire par salarié). Il suffit pour cela de diviser le chiffre d’affaires par le nombre de salariés d’une entreprise du même secteur que le vôtre. Des chiffres faciles à trouver auprès des ressources citées plus haut. »

 3) Calculer le point mort (chiffre d’affaires permettant de ne pas faire des pertes)

« Le point mort vous indique le moment à partir duquel votre exploitation sera équilibrée, explique Agnès Bricard. Une information essentielle à connaitre ! » Pour le calculer, rien de plus simple ! Basez-vous sur les éléments contenus dans votre prévisionnel d’activité.

– Étape 1 : calculer vos frais fixes (tout ce qui n’est pas charges variables c’est-à-dire liées directement au chiffre d’affaires).

Les charges fixes sont toutes les charges que vous devrez payer, que vous vendiez ou non (loyer, salaires, charges sociales, assurances, téléphone…).

Étape 2 : connaissez le taux de marge de votre secteur (n’hésitez pas à vous rapprocher de votre fédération professionnelle, CCI , chambre des métiers…).

Étape 3 : calculer le seuil de rentabilité (ou point mort).

Seuil de rentabilité = charges fixes / taux de marge

Exemple : Charges fixes = 112 500 € Chiffre d’affaire = 267 857 €

Taux de marge = 42% Frais variables

Vérification        58 %          – 155 357 €

112 500€ x 100 = 267 857 €   Marge 42 %       + 112 500 €

42

Le seuil de rentabilité est le montant des ventes pour commencer à faire des bénéfices nécessaires au remboursement d’emprunt si vous souhaitez contracter un financement pour vous créer ou vous développer.

« Ces trois astuces vous seront d’une aide précieuse pour obtenir des financements mais attention, prévient Agnès Bricard, vous devez également posséder un solide capital immatériel. Pour cela, vous devez faire rêver votre financeur, lui montrer que votre parcours et vos compétences vous permettent de réussir et que vous vous êtes associé avec des personnes aux profils complémentaires au vôtre et que votre projet est réaliste. Et si vous n’êtes pas à l’aise pour présenter votre projet à des inconnus, sachez que les réseaux d’accompagnement peuvent aussi vous aider sur ce point. »

Pour en savoir plus sur ce sujet, lire : Votre banquier et vous : les erreurs à ne pas commettre #1

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