Devenir tailleur de pierre #5 : le travail sur un chantier d’exception

Saga GMH-0142-taillemag

Nous suivons depuis plus d’un an maintenant les apprentis du Brevet professionnel de taille de pierre monuments historiques (BPMH). Ces élèves sont amenés à travailler sur des édifices prestigieux. Nous avons rencontré l’un d’entre eux sur le chantier de restauration de la façade du Louvre, un des monuments les plus emblématiques de Paris.

 

Le visage couvert de poussière, Nicolas Riehl travaille en silence, à peine troublé par le bruit des voitures qui monte de la rue de Rivoli, plusieurs mètres sous ses pieds. Un coup d’œil à travers la bâche dévoile une vue à couper le souffle, les toits bleutés de Paris se mêlant au faible soleil d’hiver. « C’est vrai que ce travail est difficile physiquement mais quand j’en ai assez, je me retourne, je regarde la vue et je reprends tout de suite du poil de la bête », confie dans un sourire le jeune tailleur de pierre. Après avoir travaillé en atelier pendant toute la première année, Nicolas Riehl a intégré ce chantier d’exception – son premier « gros » chantier – à la rentrée, et se forme sous la houlette de Florian Paulus, son tuteur. « Nicolas fait du très bon travail, explique ce dernier. En moyenne, je lui consacre une demi-heure par jour, c’est le temps nécessaire pour lui expliquer le travail et l’aider à se perfectionner. »

« Ce métier est une vraie passion »

Dès son arrivée au Louvre, Nicolas Riehl a été mis dans le grand bain : « Le premier jour, j’ai dû installer une pierre sur la façade, par moi-même. C’était un peu stressant, mais finalement tout s’est très bien passé. On m’a tout de suite fait confiance et ça m’a permis d’envisager sereinement la suite. » Cette deuxième année est plus chargée que la première car l’examen final se profile, mais la motivation de l’apprenti ne faiblit pas : « Ce métier est une vraie passion pour moi, j’ai envie de tailler, de dessiner. » Après le diplôme, il se voit bien continuer la taille de pierre, diriger de petits chantiers puis exercer en tant qu’appareilleur, pour faire les relevés et établir les plans, le tout dans des lieux chargés d’histoire. « Je suis ému et émerveillé quand je contemple le travail que d’autres artisans ont réalisé ici il y a des décennies. Je suis heureux de prendre la relève et de penser que dans 200 ans, d’autres tailleurs de pierre regarderont notre travail et participeront à leur tour à la conservation de ce monument. »

 

Photo : J. Chiscano

 

La Caisse d’Epargne, aux côtés de l’association VMF (Vieilles maisons françaises), soutient le Brevet professionnel de taille de pierre monuments historiques via une donation en faveur du GMH (Groupement français des entreprises de restauration de monuments historiques).

Retrouvez tous les épisodes de la saga « Devenir tailleur de pierre ».

Abonnez-vous à la newsletter pour retrouver dans votre boite mail les prochains articles
S’abonner