Transposer un concept américain en France – TŸKAZ #2

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Françoise Poulain-Bazin a commencé par étudier les concepts américains de pressing avant de concevoir son propre modèle de pressing connecté.

 

Deuxième volet de notre saga consacrée à Françoise Poulain-Bazin, lauréate 2014 du concours « Je crée, je développe, je pérennise » organisé par Biilink en partenariat avec la Caisse d’Epargne. Comment déployer un concept étranger en France ? Et est-ce une voie à privilégier ? Les réponses de Françoise Poulain-Bazin.

Pourquoi avoir choisi d’entreprendre dans le secteur du pressing ?

A l’époque où j’étais salariée dans des structures internationales, j’ai accepté d’être la marraine d’un groupe d’étudiants dans le cadre du programme PEPITE (Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat). Mon rôle consistait à les accompagner dans la mise en œuvre d’un projet entrepreneurial fictif, dans le cadre de leur parcours académique. Durant six mois, ils ont travaillé sur un concept qu’ils pensaient alors inédit : le pressing connecté. Or, quelques mois après avoir quitté ma fonction de cadre-dirigeante et fait le choix de créer ma société, j’ai recontacté un des étudiants, Thomas – aujourd’hui associé de TŸKAZ -, pour lui proposer de concrétiser ce projet. C’est en approfondissant nos recherches que nous nous sommes rendu compte que le concept existait en réalité depuis dix ans outre-Atlantique.

Vous choisissez donc d’importer le concept des Etats-Unis ?

C’était en tout cas l’idée de départ : transposer un concept américain en France. En septembre 2014, je décide donc de me rendre aux Etats-Unis pour rencontrer l’entreprise pionnière sur le marché du pressing connecté. Objectif ? Négocier le développement de sa marque en franchise en France. Au terme de huit jours sur place, j’ai dû me rendre à l’évidence : les négociations n’aboutissaient pas, je devais revoir mon business model. De retour à Rennes, j’ai sollicité l’aide de mon réseau et notamment d’une amie avocate qui a soulevé LA bonne question : « Pourquoi créer en franchise sous licence américaine ? On dispose localement de toutes les compétences nécessaires à la création de ton propre concept. » En deux heures de temps, elle m’avait convaincue. Hasard ou coïncidence, c’était le 12 novembre 2014, le jour où la ville de Rennes a été labellisée FrenchTech !

Une déconvenue qui s’est avérée en fait être une opportunité ?

Absolument ! Sous l’impulsion de mon réseau, j’ai immédiatement rebondi. Puisque développer le concept américain en franchise n’était pas possible, j’allais créer mon propre business model de pressing connecté. Je suis donc retournée aux Etats-Unis, à San Francisco puis à New-York, pour tester leurs parcours clients. Ainsi, je me suis aperçue que jamais je n’aurais pu déployer le concept américain en France. Les habitudes de consommation sont trop différentes. Les Américains ont par exemple une relation aux vêtements beaucoup moins forte que les Français. Dans les grandes villes comme New York, la plupart d’entre eux ne disposent d’ailleurs pas de machine à laver chez eux. Et pour cause, il existe des laveries à chaque coin de rue ! Autre point important, la perception du paiement en ligne. Contrairement aux Français, les Américains ne sont pas craintifs à l’idée de divulguer leurs coordonnées bancaires sur le web, c’est d’ailleurs la première chose qui est demandée dans le parcours client. C’est une étape habituelle, qui va de pair avec la création d’un profil utilisateur. Forte de ces constatations, j’ai donc retravaillé mon business model et enrichi mon parcours client pour l’adapter aux attentes des consommateurs français.

Quelles leçons tirez-vous de cette expérience ?

Si les négociations avec les Américains avaient abouti, j’aurais très probablement déployé le concept tel qu’il existe là-bas sans même réfléchir aux adaptations nécessaires pour répondre aux spécificités européennes. D’où l’importance de ne pas foncer tête baissée et surtout d’être bien entourée. C’est ça la force du réseau et, en particulier, du microcosme rennais dans lequel j’évolue : pouvoir bénéficier d’un regard attentif et des conseils bienveillants de professionnels, tous secteurs confondus. Aujourd’hui, l’aventure TŸKAZ se poursuit en tenant compte de mon retour d’expérience américaine. Et l’accueil est très positif : nous venons de signer trois très beaux contrats en conciergerie pour des entreprises qui misent fortement sur leur marque employeur et le confort de leurs salariés

Pour en savoir plus sur son entreprise, TŸKAZ, rendez-vous sur www.tykaz.fr

Pour lire ou relire le premier volet de la saga TŸKAZ, cliquez ici.

Et rendez-vous dans le prochain épisode de notre saga : Créer en misant sur l’ancrage régional.

 

 

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