Devenir tailleur de pierre #4 : les cours pratiques au lycée Hector Guimard

Saga GMH-089b

Pas un bruit, pas un mouvement, les salles et les ateliers du lycée Hector Guimard à Paris sont déserts ce matin. Tous les élèves sont partis en vacances, enfin presque tous. Dans une petite salle à l’étage, le silence du bâtiment est troublé par le bruit des règles sur la table, des gommes électriques et les chuchotements des élèves. Pas de congés pour les stagiaires du Brevet professionnel de Taille de pierre monuments historiques (BPMH) !

Installé à sa table de travail, Nicolas Sicard savoure cette tranquillité : « C’est agréable de travailler au calme, explique le jeune homme. Ça fait aussi du bien de se reposer physiquement après une période sur les chantiers. » Le programme de la journée est chargé pour les apprentis tailleurs de pierre : dessin technique et atelier. « Les stagiaires dessinent toujours la pièce qu’ils vont ensuite tailler, indique Thomas Dupont, leur enseignant en taille de pierre. C’est la première étape dans la compréhension de leur travail. Mon défi principal est de leur faire acquérir, puis développer une vision en trois dimensions. J’essaie de les amener à réfléchir, à comprendre les problèmes et à trouver des solutions par eux-mêmes pour qu’ils soient ensuite autonomes. »

Gagner en efficacité

Dans l’immense atelier des tailleurs de pierre, la poussière blanche couvre progressivement les stagiaires qui reproduisent le fenestrage de la cathédrale de Chartres. Casquette vissée sur la tête et outils à la main, Valerio Clavo explique : « Les cours techniques sont incontournables car ils nous permettent d’avancer plus vite sur les chantiers. Sur le dernier que j’ai fait, celui de l’Ecole Militaire à Paris, on m’a fait beaucoup plus confiance, mon travail était plus rapide et plus propre et j’ai été félicité par mes collègues. J’atteins progressivement mes objectifs. » Thomas Dupont confirme : « Globalement, les élèves font des progrès dans le soin apporté au dessin mais aussi dans la méthode de réflexion. » Dans l’atelier, les stagiaires travaillent entourés des pièces d’anciens élèves, qui ont parfois remporté des concours. Comme pour leur rappeler que la deuxième année de la formation, et avec elle l’examen final, approche à grand pas.

© J. Chiscano

 

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