Devenir tailleur de pierre #2 : Les cours théoriques au CFA

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C’est leur dernier jour de cours au centre de formation d’apprentis (CFA) avant de retrouver le chemin des entreprises, et la fatigue se fait sentir.

Pendant trois semaines, les stagiaires du Brevet professionnel de Taille de pierre monuments historiques (BPMH) ont planché sans relâche sur du tracé, de la stéréotomie, de l’histoire de l’art et de l’architecture mais aussi sur des matières en apparence plus éloignées de leur futur métier comme les mathématiques et le français. Pour comprendre à quoi servent les cours théoriques dans une formation professionnalisante, nous avons rencontré les apprentis tailleurs de pierre et leur formateur d’histoire de l’art et d’architecture, Ludovic Dossmann, au CFA du Bâtiment Saint-Lambert (Paris 15e).

Architecte DPLG et artiste peintre, Ludovic Dossmann fait découvrir à ses élèves l’histoire de l’art et de l’architecture à travers l’étude de 20 monuments français et étrangers. En ce moment, ils étudient le temple funéraire de Ramsès III à Louxor, en Egypte.  « Dans mes cours, je reste concentré sur le monument, sur des aspects très concrets, et je reviens toujours à la taille de pierre », explique Ludovic Dossmann. « Cependant, l’approche historique est essentielle pour que les stagiaires développent leur regard et leur sensibilité. N’oublions pas qu’ils sont destinés à travailler sur des monuments d’exception. »

Avoir une approche plus fine de son travail

Pour être sûr que ses stagiaires se sont bien approprié le sujet, Ludovic Dossmann met la barre très haut : « Lors du dernier contrôle avant le conseil des stagiaires, je leur ai distribué à chacun cinq feuilles blanches sur lesquelles ils devaient présenter cinq monuments étudiés en cours. Et puis ils ont des “devoirs de vacances” à faire d’ici avril ! Ils doivent apprendre à organiser leur pensée et à développer une approche intellectuelle de leur métier. Pour les entrepreneurs avec lesquels ils travaillent, c’est un vrai plus. Le stagiaire est plus performant, plus adulte, et l’échange entre les deux plus enrichissant. Et puis c’est toujours très motivant de sentir qu’on peut faire progresser un jeune » .

« On en prend plein les yeux »

Un constat partagé par Pauline Genty : « Dans ce métier, il y a des règles à respecter. Pour bien le faire, il est primordial de savoir dans quel monde on évolue, de connaître le contexte dans lequel ont été construits les bâtiments sur lesquels nous sommes amenés à travailler ». Et quand on aborde la charge de travail au CFA, la jeune femme assure que « c’est de la bonne fatigue car on en prend plein les yeux tous les jours ».

 

A suivre dans le prochain épisode de la saga : Le travail sur les chantiers

La Caisse d’Epargne et l’association VMF (Vieilles Maisons Françaises) ont signé un partenariat avec le GMH (Groupement Français des Entreprises de Restauration de Monuments Historiques) pour soutenir cette formation. Horizon Entrepreneurs suit ces stagiaires tout au long de leur formation.

Retrouvez tous les épisodes de la saga « Devenir tailleur de pierre ».

© J. Chiscano

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