Entreprendre au féminin : les écueils à éviter

Il est plus facile de créer son entreprise en étant bien accompagné. Cette réalité fut le fil rouge des échanges lors d’une conférence du Salon des Micro-entreprises à l’initiative de France Active. Plusieurs intervenants reviennent sur les obstacles à éviter ou les atouts grâce auxquels les femmes peuvent maximiser les chances de réussite de leur projet entrepreneurial.

1. Privilégier les valeurs à l’argent : une démarche louable mais incompatible avec la pérennité de l’entreprise

Les femmes entrepreneures estiment souvent que l’enjeu essentiel dans la création de leur entreprise réside dans les valeurs qu’elles dégagent, le sens qu’elles y apportent. Trop souvent en retrait par rapport à la notion d’argent, perçue comme un facteur secondaire, elles ont tendance à oublier que sans ce facteur clé l’entreprise ne peut être pérenne.

Anne Charpy a créé Voisin Malin, une entreprise sociale, fondée sur l’idée d’un « habitant-ressource » qui met en réseau des voisins à travers des prestations rémunérées, démultipliant ainsi leur capacité d’initiative au bénéfice de leur quartier. Cette créatrice explique gagner sa vie moins bien qu’auparavant lorsqu’elle était salariée, mais que cela est compensé par les valeurs portées par son entreprise et la satisfaction qu’elle en tire. Comme Frédérique Clavel, Présidente de Fédération Pionnières et de l’APCE, le souligne, il ne faut pas se fermer de portes et croire que sens, valeurs et argent sont incompatibles. Le travail de développement de l’entreprise, la construction de plans de financement et la possibilité de créer dans tous les secteurs sont essentiels et pourtant négligés par les femmes entrepreneures. L’ambition et la volonté de réussir doivent être un moteur !

2. Négliger l’accompagnement : pourquoi se priver d’un atout essentiel ?

Se lancer oui, mais pourquoi ne pas mettre toutes les chances de son côté ? Selon Christian Sautter, président de France Active, 80 % des entrepreneurs qui se font accompagner réussissent, versus 52 % dans le cas contraire. Etre accompagné n’est pas un aveu de faiblesse mais au contraire une volonté d’aller de l’avant. Un entrepreneur devra connaître son métier mais aussi savoir vendre, négocier, recruter. Des compétences, une vision du projet mais aussi un soutien au quotidien que les organismes tels que France Active, ou les réseaux comme Fédération Pionnières, BGE (réseau national d’appui aux entrepreneurs) mais aussi les CCI, peuvent apporter à l’entrepreneure. Nicole Etchegoïnberry, Présidente du directoire de la Caisse d’Epargne Loire-Centre, conclut : « Ne vous sous-estimez pas ! Partez fortes sur vos bases pour construire vos projets en étant accompagnées. »

3. Penser court terme : quelle espérance de vie pour l’entreprise ?

Si créer son entreprise est assez simple en termes de formalités administratives, c’est au niveau du développement à moyen et long terme que les difficultés se présentent. Sophie Jalabert, déléguée générale de BGE analyse le manque d’anticipation comme l’une des causes d’échec dans l’entreprenariat. Là encore les réseaux d’accompagnement peuvent jouer un rôle pour promouvoir une vision à long terme, pour une « entreprise durable ». Nicole Etchegoïnberry note que les femmes ont tendance à sous-estimer leurs besoins de financement et à s’auto-limiter. Sur un autre plan, elle commente la solitude du chef d’entreprise : « L’entrepreneur(e) est bien souvent seul(e). Une fois passée la première phase soutenue par l’énergie du départ, il faut savoir résister, avoir l’énergie dans la durée. Le cap des trois ans est important pour la viabilité de l’entreprise. »

4. Se lancer pour une bonne idée : l’adéquation entre la personne et le projet

Frédérique Clavel souligne : « L’adéquation de la personne au projet permettra de passer les obstacles. » Pour Sophie Jalabert, deux approches peuvent aider la créatrice d’entreprise : le diagnostic « projet personne » proposé par BGE, mais aussi le principe des couveuses qui permettent de tester son projet, son marché et ses potentialités économiques, sans immatriculer l’entreprise.

Un dernier conseil ? Celui d’Anne Charpy : « Prenez du plaisir, c’est le signe que vous êtes au bon endroit ! Parlez-en autour de vous, vous récolterez soutien et conseils ! » Et celui de Christian Sautter : « Créez une vraie entreprise, vous en êtes capable, faites-vous accompagner, le climat est favorable en ce moment ! »

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