« D’auto-entrepreneur à profession libérale, les raisons de mon choix » Isabelle Prigent

En 2009, Isabelle Prigent s’est installée sous le régime d’auto-entrepreneur pour exercer son métier de consultante en communication. Quatre ans plus tard, elle décide de changer de statut et entame alors un parcours auprès des administrations et experts pour faire son choix en toute connaissance de cause. Témoignage.

Pourquoi avoir décidé de changer de statut ?

« J’ai choisi en 2009 le régime d’auto-entrepreneur me permettant de me lancer du jour au lendemain sans contraintes administratives. Après deux premiers exercices satisfaisants, j’ai dû recourir au portage salarial pour la part de chiffre d’affaires qui dépassait le plafond de l’auto-entreprise les deux années suivantes. C’était le signe pour moi que mon activité était mûre, que je pouvais adopter un statut qui ne soit pas limité, donc pas transitoire. »

Qui avez-vous contacté pour vous conseiller sur le statut à adopter ?

« Après m’être rendue à l’Urssaf, j’ai écarté le statut de SASU car j’estimais la couverture sociale trop faible. Cependant, les informations récoltées auprès de l’Urssaf et du centre des impôts étant insuffisantes pour que je prenne une décision, il m’a fallu ensuite rencontrer plusieurs experts-comptables, ce n’est que le dernier, recommandé par l’un de mes clients, qui m’a donné une vision claire de ce dont j’avais besoin. Pour déterminer le statut qui me conviendrait le mieux, il m’a notamment posé les questions suivantes :

  • Avez-vous besoin de toucher tout l’argent que vous avez gagné ou de le réinvestir dans votre activité ? La société est plus indiquée si vous avez besoin d’investir dans du matériel par exemple.
  • Avez-vous besoin d’une couverture sociale très protectrice (maladie, retraite, allocations familiales) ? Le régime du salariat, accessible en société, est plus protecteur que celui du travailleur indépendant.
  • Est-ce que vous tiendrez vous-même la comptabilité ? Sachez qu’en société, il y a plus d’administratif à gérer.

Nous avons conclu que je m’installerais en libéral avec un statut de travailleur non salarié. Le changement prenait effet au 1er janvier mais la situation n’a été régularisée par l’Urssaf qu’à la fin du mois de février. »

Quelles ont été les formalités pour effectuer ce changement ?

« L’Urssaf m’a automatiquement attribué le statut de travailleur indépendant après avoir constaté le dépassement du plafond, étant donné que cela correspondait à mon souhait, je n’ai pas fait d’autre démarche vis-à-vis de l’administration. Mais j’ai adhéré à un CGA (centre de gestion agréé) qui, pour 200 euros par an, m’évite une majoration de 25 % du bénéfice imposable et propose des formations pour apprendre à gérer sa comptabilité. Dans mon cas, cela veut dire être capable d’échanger avec mon expert-comptable ! »

Quelles sont les principales contraintes du statut libéral par rapport à celui d’auto-entrepreneur ?

« Je vois trois différences majeures :

  • la comptabilité est plus conséquente en libéral. Il est préférable de faire appel à un expert-comptable qui atteste les comptes, contrairement à un comptable, il est responsable des fautes qu’il commet pour lesquelles il est assuré ;
  • il faut tenir le registre de ses dépenses pour pouvoir déduire les frais professionnels ;
  • enfin, on déclare la TVA tous les trimestres. »

Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs qui entament cette démarche ?

« Je dirais que le maître mot est Anticipation. On ne change pas de statut sur un coup de tête. En parler autour de soi permet de confronter les avis et les expériences. Et sur un plan pratique, il y a des conditions et des délais à respecter, par exemple l’adhésion au CGA qui doit se faire dans les cinq mois qui suivent l’enregistrement au CFE (Centre de formalités des entreprises) ou à l’Urssaf. Je me suis aussi rendu compte qu’il valait mieux se déplacer à l’Urssaf ou au centre des impôts pour obtenir des informations. Enfin et surtout, chaque situation est particulière et chacun a ses critères, je ne pense pas qu’il y ait un statut meilleur qu’un autre ! »

Abonnez-vous à la newsletter pour retrouver dans votre boite mail les prochains articles
S’abonner