L’Autre rive : les obsèques autrement

Dirigeant de la société l’Autre Rive — spécialisée dans l’accompagnement et la personnalisation des obsèques —, Franck Vasseur revient pour Horizon Entrepreneurs sur les raisons qui l’ont poussé à exercer dans le secteur funéraire, les étapes successives qu’il a dû franchir et les moyens, notamment financiers, mis en œuvre pour concrétiser son projet. Rencontre.

Comment est né votre projet ?

Après une longue expérience dans le management international, j’ai eu envie de créer ma propre entreprise. Enfermé dans un quotidien ennuyeux, je souffrais d’un manque cruel d’autonomie et de reconnaissance professionnelle. Pour jouir de plus de liberté et mieux me réaliser dans mon travail, j’ai donc décidé de me lancer dans l’entreprenariat funéraire, secteur que j’ai découvert à l’occasion d’un stage de fin d’études.
Après avoir mûri mon projet, il m’a fallu réfléchir aux moyens à mettre en place pour y parvenir. La reprise d’une entreprise existante est alors apparue comme la meilleure solution versus la création d’entreprise qui enregistrait à l’époque un taux d’échec plus important, et qui de surcroît ne permet pas une rémunération dès le démarrage de l’activité.

La rencontre avec le cédant est une étape cruciale dans un projet de reprise. Comment votre projet s’est-il déroulé ?

J’ai rencontré plusieurs cédants, dont l’ancien propriétaire du magasin que j’exploite actuellement. J’ai eu un véritable coup de cœur professionnel pour ce monsieur. Très créatif, il a su malgré un contexte fortement concurrentiel construire une offre obsèques personnalisable qui a rapidement fait le succès et la rentabilité de l’affaire. En mars 2010, j’ai donc créé la holding l’Autre Rive sous le statut EURL pour me permettre à la fois d’amortir mes intérêts d’emprunt et d’être exempté d’impôt sur les dividendes.

Quelles ont été vos relations en amont, pendant et après la reprise ?

Pendant cinq mois, à raison de trois jours par semaine, l’ancien propriétaire m’a délivré plein de conseils utiles pour réussir mon projet. Il m’a notamment formé aux méthodes de gestion du magasin. Passé ce délai, nos échanges se sont faits plus discrets car j’avais besoin de trouver ma place, et lui semblait avoir du mal à quitter la sienne ! Néanmoins, nous avons gardé le contact : encore très récemment, je l’ai mandaté en tant que consultant free-lance sur une mission de contrat obsèques.

A quelles difficultés avez-vous eu à faire face ?

Le plus dur au démarrage fut de gérer le personnel. Pour cause, au moment de la reprise de l’activité, deux personnes plus âgées et plus expérimentées que moi étaient déjà en place. Difficile de se faire respecter dans ces conditions, qui plus est si on ajoute à cela ma méconnaissance de la profession. Il m’a fallu apprendre à rédiger les contrats, à jouer les maîtres de cérémonie, etc.  Mais une fois le métier appréhendé, j’ai renouvelé l’ensemble de mon équipe en mettant un point d’orgue à recruter des collaborateurs qualifiés, sensibles et altruistes, sachant prendre en compte la peine et la douleur des familles reçues.

Trois ans après votre lancement, quel bilan tirez-vous ?

En reprenant un point de vente dans le secteur funéraire, le défi était de taille : apprendre un métier jusque-là méconnu, conserver la qualité de service historique du magasin repris, tout en développant l’activité dans la Capitale, notamment grâce au bouche-à-oreille. Aujourd’hui, je peux dire que le bilan est positif : en mars dernier, j’ai ouvert mon second point de vente, situé dans le 15ème arrondissement. Par ailleurs, preuve que mes efforts ont porté leurs fruits : j’ai été lauréat 2010 du Réseau Entreprendre. Une jolie distinction qui ouvre la porte à de nouveaux projets… Pourquoi pas la franchise ? A suivre !

Pour consulter le site Internet de l’Autre Rive, cliquez ici
Pour en savoir plus sur ce secteur, consultez l’article « Services funéraires, un secteur méconnu »

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