Candidats à la franchise : les conseils avant de vous lancer

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Vous souhaitez entreprendre en franchise mais face à l’enjeu, les interrogations se bousculent : suis-je prêt à me lancer (Franchise : êtes-vous prêt à vous engager ?) ? Quel secteur d’activité choisir ? Comment financer mon projet ?

Au cours de la conférence de Franchise Expo « Paroles de franchisés », des entrepreneurs en franchise  expérimentés ont conseillé sur la méthodologie à suivre avant de se lancer. Julien Vitali, responsable du pôle franchise et commerce associé BPCE – réseau Caisse d’Epargne, co-animait cette conférence.

La première question à se poser porte sur le choix du domaine d’activité. Julien Vitali insiste sur ce point : « On ne fait bien que ce que l’on aime faire ». Avant de vous décider, renseignez-vous également sur la santé du secteur ciblé : est-ce qu’il se porte bien ? Est-il soumis à réglementation ? Est-il porté par des contraintes techniques ?

Une fois le secteur d’activité choisi, il convient de comparer les réseaux de franchise qui s’offrent à vous. Pour Guillaume Robert, franchisé IlliCO Travaux, « il est crucial de rencontrer différents franchiseurs pour être en mesure de comparer les avantages et les inconvénients de chacun ». Une démarche qu’encourage également Julien Vitali : « Il ne faut pas choisir une enseigne les yeux fermés. Il faut être critique et croisez les points de vue recueillis, notamment auprès des franchisés déjà en place ». Pour Boris Dumont, franchisé Guy Hoquet « le choix du réseau est capital. On enregistre généralement plus de retours lorsque l’on est franchisé d’une enseigne connue bénéficiant d’une image de marque positive » (Lire Franchisés : les conseils pour bien choisir son réseau).

L’accompagnement du réseau doit également être au cœur de vos recherches : interrogez le franchiseur sur l’accompagnement apporté en amont, pendant et après la mise en place de votre projet. La question des coûts est également essentielle : renseignez-vous donc sur le montant des royalties ou encore du droit d’entrée.

Pour être certain d’être bien renseigné, réclamez aux franchiseurs le DIP (Document d’Information Précontractuel) qui a pour but d’éclairer votre consentement en amont de la signature du contrat de franchise. Ce dossier contient notamment l’expérience des dirigeants, l’état national et local du marché, la liste des franchisés, les clauses essentielles du contrat de franchise, les deux derniers bilans de l’entité qui franchise, etc.

Comme Marc Chaudron, multi-franchisé Quick, faites ensuite appel à un expert-comptable qui saura « vous guider sur la structure juridique la plus adaptée à votre profil » (Lire Quelle forme juridique choisir pour sa société ?). L’expert comptable pourra également, en complément du franchiseur, vous aider pour le financement de votre projet. Sur cette question, Julien Vitali précise qu’il est « difficile de créer sans un apport minimum de 30 % car celui-ci permet de lever un emprunt financier plus ou moins important. C’est ce qui déterminera le montant global du programme d’investissement lié au démarrage de l’activité. » (Financer un projet de franchise).

Voir également l’interview Devenir franchisé : les étapes à suivre

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Il est évident que la notoriété et le savoir faire incontestable de certaines enseignes ont pu conférer à de nombreux franchisés, de réelles sécurités et facilités à entreprendre, allant même jusqu’à procurer à certains, un résultat financier si satisfaisant que ces derniers, pour l’heure, en sont venus à penser sans plus de recul, de contrôle ou de vérification, qu’ils ont effectué au travers de leur démarche avec la franchise, le meilleur choix.

Bien évidemment, il n’est pas ici question de remettre en cause la réalité de ces succès, pas plus d’ailleurs que de dévaloriser les propositions des divers franchiseurs qui ont su développer leurs réseaux avec professionnalisme et probité mais simplement de rappeler au delà de ce constat plutôt favorable, certaines évidences, absences, inconvénients et possibles aboutissements attachés à ce type de collaboration.

Il est tout d’abord indispensable de mettre immédiatement un terme à l’idée abusive, largement et subtilement répandue affirmant qu’aujourd’hui, en comparaison de la franchise il n’existerait en termes d’assurance de résultat et de sécurité, de meilleur choix ou possibilité.

Nous allons voir que cette idée subtilement imposée et parfaitement reçue peut être, sans pour autant qu’il soit nécessaire d’entrer dans le détail, aisément contredite et mise à mal.

Les problématiques soulevées par le choix de la franchise ou de la démarche autonome et isolée se scindent comme toujours dans le cadre de la création, sitôt acquise et validée l’étude de faisabilité, en deux groupes principaux.

Les paramètres axés sur le financement du projet et les paramètres correspondant au savoir faire et à l’exploitation.

Concernant le financement global de l’opération, le poncif colporté et érigé en dogme vise à laisser penser que les organismes de financements, incontournables partenaires du créateur, auraient tendance pour des raisons sécuritaires à accorder plus facilement leur appui à un franchisé plutôt qu’à un indépendant.

Pour un financier se voulant compétent, seules la cohérence et la qualité globale du projet déterminent sa participation. Dans le contexte économique actuel, les garanties habituellement exigées s’analysent dorénavant également et précisément en terme de pérennité. Or, il est bien évident que dans le cadre de niveaux d’activité identiques, la capitalisation généralement nettement supérieure du commerçant indépendant offrira au bailleur de fonds une bien meilleure pérennisation de ses garanties. Parallèlement, il faut savoir que le risque de conséquences négatives découlant directement de la variation de l’image du commerçant indépendant ou de l’enseigne du franchisé est décuplé en ce qui concerne l’adhérent à un réseau de franchise. L’effet  »dominos » venant se répercuter en cascade, chacun des franchisé est directement exposé aux conséquences de toute dévalorisation de l’image globale du franchiseur, effet lui même démultiplié, malgré une surveillance et un encadrement serrés, par le risque inhérent à chacun des franchisés.

En réalité, le bailleur de fonds compétent qui doit avoir le souci permanent de diversifier et répartir le risque et donc sa clientèle, accordera sans doute bien plus volontiers son crédit à un dossier défendu par un créateur indépendant qu’à un dossier de qualité égale, présenté par un futur franchisé. Seuls des rapports particuliers ou des accords existants entre le franchiseur et le bailleur de fonds ne recelant par ailleurs, aucun avantage supplémentaire pour le franchisé, pourraient venir contrecarrer ou inverser cette logique.

Beaucoup se préoccupent d’ailleurs, dans une société ou le besoin toujours croissant de nouveauté à pris une telle ampleur, de l’évolution, du destin et du devenir d’enseignes et de marques dont le socle est uniquement en réalité constitué de publicité et d’une multiplicité de point de vente.

Concernant l’exploitation, il est exact que les franchisés bénéficient de l’enseignement d’un savoir faire et d’une assistance auquel ne peut généralement pas prétendre un indépendant. Mais il faut savoir que ces avantages sont loin d’être gratuits… et se souvenir que le mot entreprendre signifie :  »commencer à faire quelque chose…. » et  »apprendre  »….Citons en cela Guillaume d’Orange : »Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »

Dans ces temps ou la mondialisation aligne, planifie et uniformise en vaporisant les valeurs, l’audace, l’individualité et l’originalité de  »l’entrepreneur » désireux de donner libre cours à son goût pour le commerce de détail et le contact avec la clientèle se révéleront à nouveau bientôt, comme elles le furent toujours par le passé, les supports indispensables de toute réussite, dorant au passage le blason de son auteur en reflétant si petits soient-ils, son talent et sa personnalité.

Il convient pour finir, de rappeler aux créateurs se voulant autonomes qu’ils disposent autour d’eux, pour l’élaboration de leurs projets, d’un éventail d’experts et de spécialistes indépendants qui ne manqueront pas de les conseiller sincèrement et judicieusement.

Bonne chance à tous.

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