Interview : Renaud Lerooy, créateur associé de MyBee

Interview créateur d'entreprise

Rencontre avec Renaud Lerooy, étudiant à HEC Paris et associé chez MyBee, une entreprise montée avec quatre autres étudiants du campus (Bertrand et Nicolas Sylvestre, Louis Bô et Jean-Rémi Kouchakji) qui propose des solutions de paiement dématérialisé pour communautés et organisateurs d’événements.

Comment vous est venue l’idée de « www.mybee-events.com » ?

L’idée d’origine consistait en la création d’une épicerie en ligne qui offrait aux étudiants de notre campus isolé la possibilité de se faire livrer leurs courses directement dans leur chambre. Cependant, nous nous sommes vite aperçus que les solutions de paiement novatrices étaient un créneau plus intéressant.

Nous avons donc profité du fait que les étudiants de notre campus avaient ouvert des comptes sur l’épicerie en ligne pour leur permettre de payer leurs frais associatifs tels que des cotisations, des voyages, des vêtements…

Le principe est simple : l’utilisateur dépose de l’argent sur son compte en ligne, grâce auquel il peut acheter les produits mis en vente sur le site par les différents vendeurs (associations du campus, partenaires commerciaux…). Nous avons également développé un système de type Moneo en permettant aux utilisateurs de coupler leur compte MyBee à leur carte étudiante de façon à payer sur place certains produits. Ils peuvent par exemple acheter leurs consommations au bar de l’école en présentant leur carte étudiante. Les serveurs n’ont qu’à scanner le code-barre de cette carte pour débiter le compte de l’utilisateur du montant de la consommation.

C’est le constat d’un besoin pressant de renouveau des transactions financières qui nous a motivés à nous lancer à fond dans ce projet. Nos amis trésoriers d’associations perdaient beaucoup de temps à gérer des piles de chèques et des caisses remplies de pièces et de billets, qui engendraient de surcroît des risques de vol et de fraude.

Nous avons mis nos compétences à leur profit, et c’est cette motivation qui nous a poussés à étendre nos services en développant deux activités complémentaires dans le secteur du paiement dématérialisé :

  • Un système complet de démonétisation d’événement. Les participants sont équipés de bracelets ou de porte-clefs munis d’une puce RFID. Ce support leur sert de porte-monnaie virtuel tout au long de l’événement. Ils peuvent déposer de l’argent dessus via un point de rechargement, puis toutes leurs transactions (vestiaires, buvettes, bars…) sont débitées de leur bracelet ou porte-clefs. C’est très pratique pour les événements de grande ampleur comme les festivals ou les tournois sportifs où il n’est jamais commode de se balader en permanence avec du liquide, un chéquier ou une carte de crédit.
  • Une billetterie en ligne, permettant aux organisateurs d’événements de mettre leurs places en vente sur Internet.

Comment gère-t-on une entreprise et ses études en parallèle ?

Aïe, c’est la question qui tue ! Plus sérieusement : on est obligé de faire des sacrifices. On laisse les places sur la liste d’excellence à d’autres, et on taille dans l’emprunt auquel on a souscrit pour payer nos études.

Au début nous travaillions principalement la nuit en rentrant de cours. Comme nous sommes une équipe très soudée, nous nous serrions les coudes et cela nous permettait de ne pas trop penser aux risques encourus. Mais le jeu en valait la chandelle. Aujourd’hui d’autres collaborateurs nous ont rejoints et notre expérience acquise sur le tas nous donne de l’avance dans de nombreuses matières comme la comptabilité, le droit des sociétés ou le management des systèmes d’information. C’est une expérience certes risquée, mais extrêmement enrichissante et je conseille à tout étudiant qui a une idée d’entreprise de se lancer, car cela sera bien plus difficile lorsqu’on aura un loyer à payer et une famille à nourrir.

Avez-vous un entrepreneur « modèle »  dont le parcours est pour vous un exemple ?

Je suis très admiratif de Paul Ricard, fondateur du groupe Ricard.

Il a commencé en fabriquant son propre Pastis dans son grenier alors que les boissons anisées étaient encore interdites, en pariant sur une levée imminente de cette interdiction. Pari gagnant : son ascension est fulgurante et il innove en permanence. Il surmonte avec brio des crises de très grande ampleur, dont la deuxième guerre mondiale et une nouvelle interdiction du pastis, qu’il traverse sans mettre un seul employé à la porte.

Là où son génie est le plus remarquable, c’est dans les processus de communication qu’il met en œuvre, certains diront même que c’est l’inventeur du marketing global : il anime le Tour de France, s’associe au monde des arts, de la chanson et des traditions… Du jamais vu dans la communication ! Enfin, Paul Ricard est un patron peu ordinaire : il distribue des actions gratuites à tous ses salariés et fait d’eux des associés, leur offre des salaires élevés et de nombreux avantages sociaux. Il est toujours en avance sur les congés payés, les assurances… Bref, il veut mettre un terme au prolétariat.

Comment ne pas être admiratif d’un tel parcours ? C’est véritablement pour moi un entrepreneur modèle, même si le monde dans lequel nous évoluons est très différent du sien. Les valeurs qu’il a défendues restent toujours primordiales de nos jours et je suis convaincu que nous devons encore nous en inspirer.

Pour vous, un entrepreneur, c’est ?

C’est avant tout quelqu’un de passionné, voire même d’un peu illuminé sur les bords. Il est difficile de se faire une place si on ne se lance pas tout entier dans l’aventure. Si on croit en son projet, il ne faut pas hésiter à s’y consacrer corps et âme. Une bonne appréhension du risque me paraît également indispensable. Il faut savoir accepter de prendre des risques et se mettre parfois en danger. La crainte de l’échec nous fait souvent passer à côté d’expériences formidables. L’essentiel est de réussir à la faire taire lorsqu’on sent que l’opportunité en vaut la chandelle. Enfin, pour moi, les deux qualités essentielles d’un entrepreneur sont l’audace et la ténacité.

Que peut-on vous souhaiter pour les trois années à venir ?

Toujours plus de visibilité pour que nos innovations se fassent connaître des nombreux marchés auxquels elles sont destinées : campus étudiants, comités d’entreprise, complexes hôteliers, collectivités locales, tournois sportifs, festivals, salons… Il y a de la place partout pour s’affranchir des moyens de paiements traditionnels !

Vos réactions

Interview de Renaud Lerooy dans Horizon Entrepreneurs ‹ Blog MyBee

[…] L’interview de Renaud Lerooy, directeur commercial de MyBee, est disponible à partir de ce lien. […]

Renaud Lerooy

Merci pour vos encouragements, et bonne continuation également à Horizon Entrepreneurs !

Pierre Guerin

On aime tous Paul Ricard (H11)!
Mes félicitations en tout cas à ce cher Renaud Lerooy et en espérant que sa start-up puisse continuer à se développer..

Nicolas

Un bel exemple de boite qui facilite la vie de tous !
Bon courage !

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